Lucile a 16 ans !

Lucile a 16 ans !
Un article totalement informel, pas d'idéologie, pas de prise de tête car aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres...

C'est l'anniversaire de ma soeur, ma seule soeur chérie, Lucile, alias Malika, alias Bouli des neiges.

Je te souhaite plein de belles choses :
- avoir plein de beaux cadeaux
- recevoir plein de sms et d'appels de tes ami(e)s (quoique ça c'est déjà fait)
- devenir une militante passionnée du blocage de ton lycée
- partir en Oregon et te trouver un beau surfeur américain
- arriver à parler à Shishi (mieux vaut tard que jamais, hein)
- te gaver en kayak, gagner les championnats de France et être en N2 l'an prochain ;-)
- arriver à faire plus de deux tractions d'affilée (oui parce que sinon la filière haut niveau... voilà quoi)
- continuer à inventer de belles chansons
- vivre une belle histoire avec ton ami Bise Baveuse
- arriver à jouer au billard sans t'écraser les doigts
- arrêter d'être en retard et de tout oublier
- devenir une pianiste hors pair
- être gentille avec ta vieille soeur qui aura bientôt 20 ans !


***BON ANNIVERSAIRE SOEURETTE !!! I ADORE YOU !***

Vos commentaires seront bien sûr transmis à Lu... alors ne soyez pas crochus !

# Posté le mardi 21 mars 2006 08:04

L'affaire Josey Aimes / North Country

L'affaire Josey Aimes / North Country
Un petit article pour un nouveau gros coup de coeur.
Je trouve décidemment que cette année aura été riche en bons films, dans des styles très variés. Je pense notamment à Brokeback Moutain (dans le genre émouvant), à Orgueil et Préjugés (dans le genre enchantant) ou encore à The Constant Gardener (dans le genre engagé).
"L'affaire Josey Aimes" ("North Country" en anglais)est également un film engagé, mais que je qualifierais en premier lieu de bouleversant. C'est en feuilletant un Télérama que je suis tombée sur la critique du film. Le sujet m'était, vous l'imaginez, plus qu'attirant et la perspective d'une aussi bonne actrice que Charlize Theron, carrément alléchante.
Vu que je suis en grève, bien que complètement absorbée par mes activités sportives et militantes en plein essor, j'ai trouvé un petit créneau cette semaine pour aller me fondre dans le noir d'une salle de ciné.
(Bon, je suis arrivée en retard avec mon téléphone à la main, faut dire que le film a commencé pile à l'heure de la séance, sans bandes-annonce et sans pubs, je me suis fait jeter par l'ouvreur, et j'ai du raccrocher au nez de ma chère interlocutrice, qu'elle m'excuse ;-)) Bref, ça partait mal et pourtant, boum, en quelques secondes, j'étais en plein dedans.

Charlize dans la neige du Minnesota m'a tout de suite emportée avec elle. Une femme charmante en tous points qui, on le comprend peu à peu, a eu une vie bien malchanceuse ; malchance qui n'est pas sans rapport avec la joliesse de ses traits. Après une dure séparation avec son mari, celle-ci revient dans sa ville natale et ne trouve comme moyen de subvenir elle-même à ses besoins que de travailler à la mine de charbon, gagne-pain quasi-universel des gens du coin. Mais les travaux d'une femme, jolie et déterminée, dans l'univers minier du Nord se révèlent être plus que difficiles à supporter ; non pas, comme le décrètent ses camarades masculins, parce qu'ils ne conviennent pas à une femme, mais justement à cause de la compagnie de ceux-ci qui s'avère vite insupportable.

Plus que le combat d'une femme pour faire valoir ses droits et préserver sa dignité, ce film est une peinture acide de ces situations innombrables où des dominants sont libres d'humilier des dominés. Il décrit à merveille l'esprit de troupeau, la violence et la bêtise dont les êtres humains peuvent être capables lorsqu'ils se sentent soutenus par une masse, partie d'une masse. Il donne aussi, à l'opposé, un exemple frappant du courage de celui qui, bien qu'en position de faiblesse et sans soutien apparent, parvient à puiser au fond de lui-même les ressources nécessaires pour se battre, oser braver les préjugés de tous, ne serait-ce que par estime de soi, des autres, de l'humain en général.
La lutte de Josey Aimes est exemplaire ; une scène centrale, selon, est celle où on la voit s'avancer, les larmes aux yeux, au milieu de l'assemblée d'ouvriers, en proie aux cris, aux insultes, à la haine collective. Mais pourtant elle avance encore, même si la situation semble désespérée, elle s'accroche, parce que son besoin de triompher est plus fort...

J'ai eu les larmes aux yeux durant presque tout le film. J'ai senti mes poings se serrer et les muscles de mes jambes se tendre et se détendre inconsciemment. Charlize est fascinante, Josey vit en nous. J'ai applaudi au générique ; j'étais la seule, mais je m'en fous.

PS : bande-annonce et infos sur le site du film.

# Posté le vendredi 17 mars 2006 13:34

Modifié le samedi 18 mars 2006 03:10

Aucune hésitation, c'est la révolution !

Aucune hésitation, c'est la révolution !
Je sens que je me lance ici dans un sujet assez délicat, à propos duquel peu de gens seront de mon avis.

Mais je vais le faire quand même, car ce qui se passe n'est pas rien ; ce qui se passe grossit et devient de plus en plus important, bien qu'une majorité, il me semble, reste en dehors. Je suis donc habituée aux critiques, au vague mépris des mécontents, mais au fond ces évènements m'apportent plus.
Je pense qu'on ne naît pas militant, que dans une large mesure on est conditionné à l'être ou à ne pas l'être, simplement par le modèle que représentent nos parents. Et mes parents sont tous deux fonctionnaires, occupant des postes respectables nous permettant de vivre très décemment, mais issus de familles très modestes. Autant dire que pour eux, enfants des années 50, le lutte sociale a du sens ; les acquis français, surtout dans le domaine de l'emploi, une chose à préserver. Mes parents font souvent des grèves, certaines utiles d'autres inutiles ; on m'a emmené tenir des drapeaux et chanter des slogans, toute souriante, à l'âge de 9 ans. Et pourtant je ne suis pas à proprement parler une « militante » ; mais ce genre de choses me touche, je ne peux pas rester en dehors ; j'ai besoin d'idéaux collectifs, de rêves d'un monde meilleur. Je sais qu'il n'en est pas ainsi pour beaucoup de gens et pour des raisons différentes, et comme cela est plus ou moins une partie nous, je n'espère faire changer d'avis personne. J'avais juste envie d'en parler, expliquer ma motivation aux incrédules.

Ma fac est en grève, contre le CPE, ou plutôt pour son retrait. Elle est bloquée depuis une semaine. Après presque un mois désordonné où des étudiants divers venaient vainement essayer de faire lever des foules des amphis sans être écoutés, où on était invités chaque jour à une nouvelle manif plus dépeuplée que la précédente, et où on était confronté au dilemme douloureux : aller en cours ou rater les cours pour aller protester dans la rue.
Mais cela a changé. Le mouvement a pris forme, s'est uni, recentré, et des barricades de chaises et de tables ont fleuri devant les portes de l'université. Les banderoles à la bombe rouge et noire ont recouvert les murs, nous enjoignant à une mobilisation pour l'avenir, le nôtre, celui des voisins, des enfants, des petits frères et soeurs.

Après l'université du Mirail à Toulouse, je dirais même avec une pointe de fierté que ma fac est probablement l'une des plus mobilisées ; le site est inactif depuis une semaine, les assemblées générales réunissent plus d'un millier d'étudiants, des actions de plus en plus diverses sont envisagées, la plupart des profs ont décidé de soutenir leurs élèves. Et contrairement à ce que France Télévision aime à montrer aux infos, les étudiants ne se tapent pas dessus, grévistes contre non-grévistes.
A peu près tous les gens extérieurs à la fac à qui j'en ai parlé m'ont dit, d'un air mi-méprisant, mi-attristé :
« pfff, c'est nul, vous pouvez pas aller en cours »
« à quoi ça sert d'aller chanter des slogans stupides ? »
« c'est une mesure barbare de bloquer une fac, ce n'est pas démocratique ».


En fait, je n'ai qu'une chose à répondre à ce genre de molle protestation. (Et cela me rend vraiment triste ; autant les filles et garçons qui prennent le micro dans les assemblées générales me donnent le sourire, autant ces phrases bien plus inutiles me poussent quelque peu à désespérer du genre humain) : ce qui différencie les militants des non-militants, c'est qu'ils ont des ambitions et des idéaux de vie qui dépassent le cadre de leur « petite personne » ; leur action vise un but qui concerne tout le monde, l'avenir de beaucoup de gens pendant et après eux. Ils n'agissent pas pour emmerder les autres, mais dans un objectif commun, pour quelque chose laquelle ils croient, pour une cause qui leur est juste.
Alors, je suis un peu écoeurée de ces étudiants qui pleurnichent, comme si une semaine de cours en moins était la fin du monde, comme si cela allait les « pénaliser » réellement, en étant incapables d'un peu de solidarité, incapables de voir plus loin que le bout de leur nez.
A chaque fois je répète combien l'ambiance de la marche de mardi 7 mars à Marseille m'a enchantée ; des gens tous prêts à se sourire, chantant des chansons en se tenant la main, se faisant passer des canettes de bières, se parlant sans inhibitions, se demandant d'où ils venaient, ce qu'ils faisaient ; ces quinquagénaires syndicalistes si heureux de nous voir, nous, les jeunes, prendre notre avenir à coeur.
En gros, c'était tout un monde qui donne de l'espoir. Des gens qui ont envie de se battre, ensemble, faisant pour une fois abstraction de ce qui pourrait les éloigner les uns des autres, cherchant dans le voisin simplement un ami. Que tellement de gens en un même endroit partagent le rêve d'un progrès, d'une soleil après la pluie, même si le combat de cet instant sera peut-être perdu, c'est comme si ce mieux était déjà là. Une image de la fraternité. Et quelque part, je suis désolée de voir que beaucoup ne vivront pas cette émotion...


(Quant aux étudiants LEA qui s'illustrent par leurs idées médiocres de venir « bloquer le blocage », j'ai simplement honte de faire partie de leur filière ; si peu engagés, si prompts à l'égoïsme, si différents de ce que j'attend de la vie et des gens.)

Petit ajout : puisque je me considère incapable d'analyser le fond, voici le projet de loi sur l'égalité des chances, qui inclut le CPE. Mais ne me posez pas de questions, je n'ai même pas encore tout lu ;-)

# Posté le jeudi 09 mars 2006 05:06

Modifié le vendredi 17 mars 2006 13:39

Mohammed bien-aimé, mal défendu

Mohammed bien-aimé, mal défendu
Je sais, ça va vous faire bizarre, deux articles en si peu de temps :-) Mais je pars en vacances, et de plus celui-ci est déjà en retard, c'est donc maintenant ou jamais. Ca vous fait un peu de lecture, pour que je vous manque pas trop.

A propos des caricatures de Mahomet - pitié ! Le prophète s'appelle Mohammed en arabe, Mohammed en toutes lettres, alors pourquoi cette bizarrerie orthographique dans nos livres d'histoires et dans la bouche des présentateurs télé ? C'est pourtant un prénom qu'on connaît, Mohammed, qui ne connaît pas au moins un Mohammed ? Passons - j'avais quelques petites choses à dire.

Commençons par le commencement : ces fameux dessins publiés dans un journal danois il y a quelques mois (il faudra m'expliquer pourquoi c'est aujourd'hui que la polémique fait surface sur nos écrans), représentant le Prophète avec une bombe dissimulée dans son turban. Les Musulmans et autres religieux de par le monde y voient là blasphème, atteinte au sacré, et une représentation symbolique faussée selon laquelle tous les Musulmans cautionneraient le terrorisme (ce qui n'est pas vrai, nous assure-t-on : encore heureux !). En tant que sans-Dieu, je vais vous dire ce que j'y ai vu : pour moi, ce dessin illustrait l'utilisation de l'Islam et de ses fondements dans un but de destruction, ce qui est effectivement le fait des groupes islamistes.

Eh bien ? Pourquoi ma vision n'est pas celle retenue par les médias ? Parce qu'elle n'est pas intéressante, sans doute. Parce qu'on interviewe des croyants bien pensants qui nous poussent à voir tout ça à travers le sacré. Ce n'est pas mon cas, et mes idées ne feraient sûrement pas assez d'audimat. La polémique religieuse est à la mode, pas de place ici pour les millions (je veux le croire) de gens qui ne voient pas leur vie à travers un Dieu et qui n'ont pas non plus envie de la voir souffrir pour le Dieu des autres. Un imam très sérieux de je ne sais où, affirmant condamner les manifestations violentes et arbitraires contre les ambassades danoises un peu partout, mais soulignant également que toute sa communauté condamnait ces horribles dessins, proposait de « relancer le dialogue inter-communautaire ». Qui a dit que le dessinateur danois faisait partie d'une « communauté » ? A mon avis, pour risquer un tel croquis, il devait plutôt être de ceux qui prennent la religion à la dérision... Mais non. Il semble que chacun doive s'inclure dans un pôle religieux dominant pour participer à des discussions sur l'avenir du monde. Autant dire que les gens comme moi n'ont pas d'avenir.

Autre incohérence : les intellectuels s'offusquent que ces dessins aient assimilés Islam et terrorisme, sous-entendant que tous les Musulmans, représentés par l'image de Mohammed, étaient de potentiels poseurs de bombes. On sait que ce n'est pas vrai, et que le dessinateur danois aussi probablement ; personne ne pense réellement que Musulman = Terroriste, bien qu'en général (médias chéris !) ce soient les actes terroristes qui fassent parler de l'Islam.
Eh bien je m'offusquerai d'autre chose : ces foules anarchiques qui brûlent ou essayent de brûler des ambassades danoises, représentant tout le peuple danois, alors que les dessins ne sont le fait que d'un dessinateur et d'une poignée d'hommes qui l'ont soutenu ! Certainement que tous les Danois ne sont pas d'accord, mais cela ne semble pas avoir d'importance. Le « sacré » n'est pas présent ici pour faire s'élever les voix, la dimension nationale passe au-dessous de la dimension communautaire.

Enfin, puisqu'on parle de convictions, je vais exposer les miennes plus clairement ; en tant qu'athée, que sans-Dieu, qu'infidèle, OUI : je préfère la liberté d'expression aux religions. Quant aux dignitaires musulmans français qui ont dans l'idée « modérée » d'intenter un procès à France Soir (pour « blasphème » ? Ah ah, belle république laïque !) et à ceux qui, dans le bel Orient, lancent des concours de dessins sur l'holocauste... comme dirait mon ami Jack-Alain, ils ne méritent pas un alinéa (de plus) de ma plume.

# Posté le dimanche 19 février 2006 08:03

NON !!!

NON !!!
Mesdames, mesdemoiselles, MESSIEURS !!

Que vous évoque cette image ? Quoi d'autre qu'une femme qui n'obtient ce qu'elle veut (en l'occurence, dans le monde du travail) qu'à l'aide de son corps ?

Les exemples de publicités de ce genre sont nombreuses, assimilant de diverses manières les femmes à des objets sexuels, dont le corps est la chose la plus importante et la seule qui semble digne d'intérêt. En passant par les yaourts 0%, les céréales allégées et les crèmes anticellulite qui nous exhortent à avoir un corps "parfait", les fabricants de lingeries qui nous proposent de nous déshabiller pour obtenir tout ce que l'on veut et les marques d'agroalimentaire toujours promptes à montrer que c'est maman qui fait la cuisine, les exemples de publicité dégradant l'image des femmes ne manquent pas.

La vraie question est : est-ce que cela vous choque ? Ou êtes-vous de ces filles qui se disent que la vie est à notre époque assez confortable à vivre pour elles et qu'il faut se contenter de ce qu'on a ? Ou de ces hommes qui pensent que ce problème est "futile" et ne les concerne pas ?

MOI, en tant que FILLE, cela me choque beaucoup, davantage chaque jour. C'est pourquoi j'ai décidé de consacrer mon "projet tutoré" (dossier semestriel que l'on doit réaliser en 2e année de LEA) à ces associations qui se battent pour que la dignité des femmes soit respectée dans le milieu publicitaire. Je vous invite donc à signer le manifeste de l'association La Meute, qui milite pour le retrait des pubs sexistes à l'échelle nationale. Vous trouverez également sur le site de nombreux exemples de publicités sexistes, si vous n'êtes pas convaincus qu'il s'agisse d'un phénomène très répandu.
Je vous invite également, si vous militez ou si vous connaissez des personnes qui militent en ce sens, à me communiquer des infos, des adresses qui pourraient m'être très utiles.

Pour que nos petits frères ne grandissent pas en pensant que toutes les filles sont des "putes" potentielles et que nos petites soeurs ne se sentent pas obligées d'apprendre à faire à manger, nettoyer, maigrir et rester jeunes...

# Posté le jeudi 16 février 2006 13:40

Modifié le jeudi 16 février 2006 18:01